Culture Hispanique

Frida Kalo
Juan Gris

Fiestas y celebraciones en España

La Feria de Sevilla

Trois semaines après la Semaine Sainte, Séville vit nuit et jour pendant une semaine au rythme des palmas et des sevillanas. Malheureusement, cette année encore cette fête n’aura pas lieu, tout comme l’an passé, à cause de la pandémie. Depuis son année de création en 1847, cette manifestation si chère aux Sévillans n’avait connu qu’une interruption durant la guerre civile.

Au XIXe siècle, l’économie andalouse fut particulièrement impactée par les guerres napoléoniennes et par une météorologie peu clémente. Deux hommes installés dans cette région du sud de la péninsule, Narcisso Bonaplana et José María de Ybarra, proposèrent à la municipalité l’organisation d’une grande foire au bétail tous les ans en avril.

Quelques mois plus tard, en 1847, la reine Isabel II octroya à la ville le privilège de la Feria qui eut lieu pour la première fois le 18 avril et dura trois jours.

Les vendeurs se réfugiaient dans des stands ou « casetas » pour lutter contre le soleil et pour y prendre leurs repas. Son succès fut tel que, par la suite, on sépara l’espace destiné au commerce du bétail de celui offert à la fête et aux loisirs. Sa popularité ne cessa de croître et, en 1914, sa durée passa à cinq jours et en 1952 à six jours.

À partir de cette époque, la Feria commença à ressembler à ce que nous connaissons de nos jours : la fête avait gagné sur la foire aux bestiaux.

Durant une semaine, Séville émigre sur un espace que l’on appelle El Real. On y accède par une porte monumentale : la Portada, différente chaque année.

Derrière, le long des allées recouvertes de sable jaune comme celui des arènes et portant les noms des toreros les plus célèbres, s’alignent les casetas blanches avec des rayures rouges ou vertes.

À l’intérieur de ces stands privés – seuls quelques-uns sont ouverts au public – les familles et les amis se retrouvent pour bavarder, boire du vin de Manzanilla ou encore du Manzanilla allongé de limonade, qui s’appelle Rebujito, manger du poisson frit, pescaíto et du jambon serrano, et danser et chanter des sevillanas composées de quatre couplets.

La population est très élégante lors de cette manifestation. Les femmes revêtent des robes gitanes et les hommes l’élégant costume traditionnel des paysans. L’idéal est de s’y rendre à cheval ou en calèche.

À côté de cet espace se trouve la calle del infierno, immense fête foraine avec des attractions variées et des stands ouverts à tous pour se rafraîchir et se restaurer.

Les festivités commencent le lundi soir à minuit par l’illumination de la Portada et des différentes rues d’El Real : el Alumbrao. À partir de ce moment, chaque jour verra reculer l’heure de l’extinction des feux qui ne se fera qu’à six heures du matin, le samedi.

Durant cette semaine cohabitent en même lieu jeunes et vieux, sévillans et étrangers, artistes et célébrités du monde entier.

Cette fête se célèbre en lien avec le cycle de corridas qui a lieu dans les arènes considérées comme les plus importantes du monde, la Plaza de la Maestranza

Le dimanche à lieu une corrida avec des taureaux de la célèbre ganadería Miura et la Feria se termine par un gigantesque feu d’artifice.

J Marchais

Las Fallas

Tous les ans, du 14 au 19 mars, Valence vit sa fête la plus populaire connue sous le nom de « Fallas de Valencia ». Pas loin de 100 000 personnes s’investissent dans l’organisation de ces festivités. Pendant un an, différents corps de métiers, artistes, peintres, sculpteurs vont dessiner et construire d’impressionnantes statues géantes, les « Fallas ». Certaines peuvent atteindre plus de 30 mètres de hauteur et sont entourées de personnages plus petits, les « Ninots ». Les artistes trouvent leur inspiration dans la caricature de personnages politiques, de célébrités ou de faits d’actualité traités de façon satirique. Au total ce sont plus de 300 « Fallas adultes » et autant de « Fallas infantiles » qui seront exposées du 15 au 19 mars dans chaque quartier de la ville, avant de connaître un sort funeste et de partir en fumée le dernier soir.

Pétards, feux d’artifices, illuminations, défilés, musique rythment ces 5 jours de festivités qui attirent chaque année à Valence près d’un million de touristes.

Les origines de cette fête remonteraient au Moyen âge. À la fin de l’hiver, plus précisément la veille de la Saint Joseph, leur saint patron, menuisiers et charpentiers avaient coutume de brûler l’armature en bois (parots) à laquelle était accrochée la lampe qui les éclairait. Petit à petit, ils ajoutèrent de vieux objets et des chiffons, donnant ainsi figure humaine à ces « parots » en créant des personnages burlesques. La tradition était née.

Aujourd’hui ce sont de véritables œuvres d’art qui sont exposées chaque année selon un calendrier immuable.

Si les « Fallas » commencent officiellement le 15, les festivités débutent, elles, le 1er mars, sur la Plaza del Ayuntamiento, à 14 heures précises, lorsque la « Fallera mayor », la Reine, entourée de sa cour, lance son habituel :

« Senyor pirótecnic pot començar la Mascletà« .

Un véritable déluge de bruit et de poudre éclate alors pour un spectacle qui dure 6 minutes et qui va crescendo jusqu’au « terremoto » final (tremblement de terre). Chaque jour, des milliers de spectateurs assistent à l’explosion de milliers de pétards, les masclets.

Le 15 mars, c’est la Plantà, premier jour officiel de la fête. Les monuments falleros sortent des ateliers et, à grand renfort de grues et d’échafaudages, sont montésdans chaque quartier où ils pourront être admirés et soumis aux votes du public.

Le 17, la remise des prix est suivie de l’offrande des fleurs. Toutes les commissions des fallas de la ville défilent en costume traditionnel, accompagnées de fanfares, jusqu’à la Plaza de la Virgen, pour une offrande de fleurs à la Virgen de los Desemparados. Un superbe tapis multicolore de 15 mètres de haut recouvre le manteau de la Vierge.

Du 15 au 19, le ciel de Valence s’illumine, tous les soirs, de lumière et de couleurs. Des feux d’artifice sont tirés du Paseo de la Alameda. L’apogée de ces spectacles pyrotechniques a lieu le 18, lors de la Nit del Foc durant laquelle le ciel de Valence s’enflamme de mille couleurs sous le regard émerveillé d’une foule toujours aussi nombreuse et enthousiaste. Après une trentaine de minutes de spectacle époustouflant commence la plus folle nuit des fallas : concerts, musique, bals populaires animent les rues de la ville.

Le 19 mars, jour de la San José, c’est la nuit de la Cremà : toutes les fallas sont brûlées dans un ordre bien défini en un gigantesque brasier, renouant ainsi avec la tradition médiévale.

Le 20, au petit matin, la fête est terminée et il ne reste plus aux nostalgiques qu’à visiter le Musée fallero où sont gardés les souvenirs des plus belles fallas.

Francette Martinez

Le musée du Prado fête ses 200 ans

L’aventure commence avec l’architecte de la famille royale Juan de Villanueva, mandaté pour construire un Cabinet d’Histoire Naturelle et Académie des Sciences. Il édifie un monument dans le plus pur style néoclassique espagnol entre 1785 et 1787. En 1807, l’invasion napoléonienne va interrompre cet ambitieux projet, ou plutôt le transformer. En effet, Joseph Bonaparte souhaite y créer un musée de peinture qu’il nommera  Joséphin.  Le projet est à nouveau suspendu avec la fin de la guerre napoléonienne.  Troisième rebondissement : le nouveau roi Ferdinand VII, séduit par cette idée, la reprend à son compte et met en place le Musée Royal de Peinture et de Sculpture en exposant la collection royale avec pour objectif que « chaque individu du Royaume et qui que ce soit ait la faculté d’ouvrir ses pensées […] aux impressions du beau ». C’est ainsi que le musée est inauguré le 19 novembre 1819. Passant sous la propriété de l’État en 1868, il prend le nom de Musée national du Prado.


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